03 décembre 2019
Petit déjeuner débat « 30 ans après la chute du mur de Berlin », événement co-organisé avec Open Diplomacy
HEIP

 

Le 12 novembre dernier, à l’HEIP s’est tenu un petit déjeuner débat sur le thème  « 30 ans après de la chute du mur de Berlin. Résultats et perspectives ».

La discussion a été ouverte par le directeur de l'école M. P. Cattelat et a réuni des experts de haut niveau tels que : M. V. Ignatenko, président de l'Association mondiale de la presse russe, M. J. Bitterlich, professeur à l'ESCP Europe de Paris, conseiller auprès du Chancelier Helmut Kohl, M. A. Rotfeld, ancien ministre des Affaires étrangères de la République de Pologne, coprésident du Groupe russo-polonais sur des questions sensibles, M. R. Legvold, professeur émérite du département des sciences politiques de l'Université de Columbia, M. V. Lochak, directeur de la stratégie  de la maison d’édition « Kommersant », et M.  L. Adamski, directeur adjoint du Centre pour le dialogue et la compréhension entre la Pologne et la Russie.  Les secrétaires généraux exécutifs du Dialogue de Trianon, M. A. Orlov et M. N. Chibaeff, ont conclu ces échanges passionnants.

 

 

Lors des échanges, l’ensemble des intervenants ont unanimement porté l’idée que les tensions actuelles entre la Russie et l’Union Européenne et entre la Russie et les Etats-Unis témoignent que la chute du Mur de Berlin n’a pas abouti à la désescalade tant espérée. J. Bitterlich, a rapporté que « la RDA était en faillite financière et que la chute du mur est venue naturellement ». Son analyse laisse à penser que les tensions actuelles vis-à-vis de la Russie font suite à une série d’erreurs de politique étrangère de part et d’autres et parmi lesquelles l’extension de l’OTAN vers l’Est peut être perceptible comme un relent de Guerre Froide.

En réponse à ces propos et selon V. Ignatenko, la première erreur qui a été commise au moment de la chute du mur/de l’URSS, a été la désignation d’un gagnant et d’un perdant. Or, pour les pays de l’Est, cet événement a aussi constitué une victoire. La réunification des deux Allemagnes a apporté auprès des peuples de l’est l’espoir d’un changement. La seconde erreur a été de différencier l’Europe de la Russie, comme deux entités à part entière alors qu’elles sont intrinsèquement liées.

A. Rotfeld quant à lui, a précisé que la chute du Mur était à ce moment-là, prévisible et que d’ailleurs, le changement de cap des dirigeants polonais, progressivement plus favorables à la réunification de l’Allemagne, a contribué à cet événement historique. Il note d’ailleurs que, la société civile a joué un rôle clé en portant notamment des valeurs de réconciliation. Au sein de la classe dirigeante du pays, le rapport à l’Allemagne avait aussi changé et c’est pourquoi, le gouvernement polonais a très rapidement reconnu les nouvelles frontières allemandes.

Rétrospectivement, R. Legvold observe que malgré la signature de la Charte de Paris, qui devait poser les bases d’une coopération pacifique entre L’Europe et la Russie, ces objectifs n’ont pas été tenus. Selon son analyse, l’héritage sécuritaire de la Guerre Froide, la dénucléarisation, est en train d’être liquidé. On assiste actuellement à une nouvelle forme de Guerre Froide, plus dure et globalement acceptée du grand public avec en prime les tensions provoquées par un face à face entre les Etats-Unis et la Chine.

Nicolas Chibaeff, secrétaire général du Dialogue de Trianon, a conclu la conférence à l’HEIP en Marc Bloch : « Examinant comment hier a différé d’avant-hier et pourquoi, l’histoire trouve, dans ce rapprochement, le moyen de prévoir en quel sens demain, à son tour, s’opposera à hier ». Il s’agirait de ne pas tarder, car l’ancien Vice-Premier Ministre russe Ignatenko aime lui aussi les citations. Il cite François Mauriac non sans esprit florentin : « Nous aimons tellement l’Allemagne que nous préférons quand il y en a deux ».

Les conclusions de ces échanges ont été présentées le lendemain lors du Forum de Paris sur la paix à l’occasion d’une table ronde modérée par Thomas Gomart, Directeur de l’IFRI et membre du Conseil de coordination français du Dialogue de Trianon. Cette table ronde sur les 30 ans de la chute du mur de Berlin a également réuni un panel d’intervenant de très haut niveau parmi lesquels : H. Védrine, conseiller diplomatique de François Mitterrand, ancien ministre français des Affaires étrangères ; A. Grachev, porte-parole du Président de l'URSS M. Gorbatchev ; D. Schwarzer, directrice du Conseil Allemand des Relations Internationales (DGAP) ; Y. Suzuki, ancien ambassadeur du Japon à Singapour et en France.

A. Rotfeld quant à lui, a précisé que la chute du Mur était à ce moment-là, prévisible et que d’ailleurs, le changement de cap des dirigeants polonais, progressivement plus favorables à la réunification de l’Allemagne, a contribué à cet événement historique. Il note d’ailleurs que, la société civile a joué un rôle clé en portant notamment des valeurs de réconciliation. Au sein de la classe dirigeante du pays, le rapport à l’Allemagne avait aussi changé et c’est pourquoi, le gouvernement polonais a très rapidement reconnu les nouvelles frontières allemandes.

Rétrospectivement, R. Legvold observe que malgré la signature de la Charte de Paris, qui devait poser les bases d’une coopération pacifique entre L’Europe et la Russie, ces objectifs n’ont pas été tenus. Selon son analyse, l’héritage sécuritaire de la Guerre Froide, la dénucléarisation, est en train d’être liquidé. On assiste actuellement à une nouvelle forme de Guerre Froide, plus dure et globalement acceptée du grand public avec en prime les tensions provoquées par un face à face entre les Etats-Unis et la Chine. 

Nicolas Chibaeff, secrétaire général du Dialogue de Trianon, a conclu la conférence à l’HEIP en Marc Bloch : « Examinant comment hier a différé d’avant-hier et pourquoi, l’histoire trouve, dans ce rapprochement, le moyen de prévoir en quel sens demain, à son tour, s’opposera à hier ». Il s’agirait de ne pas tarder, car l’ancien Vice-Premier Ministre russe Ignatenko aime lui aussi les citations. Il cite François Mauriac non sans esprit florentin : « Nous aimons tellement l’Allemagne que nous préférons quand il y en a deux ». 

Les conclusions de ces échanges ont été présentées le lendemain lors du Forum de Paris sur la paix à l’occasion d’une table ronde modérée par Thomas Gomart, Directeur de l’IFRI et membre du Conseil de coordination français du Dialogue de Trianon. Cette table ronde sur les 30 ans de la chute du mur de Berlin a également réuni un panel d’intervenant de très haut niveau parmi lesquels : H. Védrine, conseiller diplomatique de François Mitterrand, ancien ministre français des Affaires étrangères ; A. Grachev, porte-parole du Président de l'URSS M. Gorbatchev ; D. Schwarzer, directrice du Conseil Allemand des Relations Internationales (DGAP) ; Y. Suzuki, ancien ambassadeur du Japon à Singapour et en France.